Le statut des savoirs historiques dans deux manuels scolaires d'histoire de l'école primaire camerounaise contemporaine

Texte intégral: 

Cet essai explore le statut des savoirs historiques proposé implicitement aux élèves dans les manuels scolaires du primaire d’une des écoles contemporaines des sociétés d’Afrique subsaharienne francophone, soit la camerounaise. Prenant appui sur des travaux dans le domaine de l’analyse des manuels scolaires, tels que ceux de Crawford, De Cock, Fourez, Harnett, Mathy et Mirkovic, je me suis intéressé à l’analyse du statut des savoirs historiques dans deux manuels d’histoire. Pour ce faire, j’ai choisi deux ouvrages de générations différentes de l’école primaire camerounaise, l’un utilisé dans les années 1980 et, l’autre, inscrit au programme depuis les années 2000 et agréé dans le cadre de la réforme des programmes qui a introduit l’approche par compétences. À travers une analyse de contenu réalisée à l’aide d’une grille contrastée caractérisant les épistémologies positiviste et constructiviste, j’ai examiné une partie des contenus de ces manuels en retenant, plus particulièrement, les critères se référant à la nature donnée ou construite des savoirs historiques, aux démarches et activités de l’historien ou historienne, et à la hiérarchie et au contexte de production de ces savoirs. Les résultats de cette analyse relient les épistémologies des deux manuels à l’orientation positiviste, avec quelques différences relatives à la structure et l’organisation des manuels et aux façons de traiter les objectifs, les évaluations et les activités de l’élève. Malgré que le manuel plus récent tend à s’ajuster à la nouvelle approche pédagogique davantage centrée sur l’activité de l’apprenant, le statut des savoirs s’inscrit dans l’orientation de la « découverte », caractéristique du positivisme.

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